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Assemblée Québec, mobilisatrice dans la controverse

C’est vers la mi-octobre que j’ai assisté à la pièce de théâtre l’Assemblée Québec, à La Bordée. La représentation d’une heure et 45 minutes était programmée du 17 septembre au 12 octobre.

 


En plus des spectateurs assis sur les bancs conventionnels de la salle, certains étaient curieusement installés sur la scène dans une estrade spécialement configurée pour l’évènement. Au milieu, il y avait une simple table ovale où les six comédiens ont pris place : quatre citoyens aux expériences de vie et aux opinions politiques divergentes ainsi que deux modérateurs soi-disant neutres. C’est alors qu’a commencé une discussion argumentative, un partage d’avis, un débat, parfois enflammé, sur des sujets chauds, dont certains spécifiques à la ville de Québec, telle que la question du tramway…


 

Le concept de la pièce de théâtre n’est pas unique à la Capitale nationale. En fait, les créateurs, PorteParole, vont de ville en ville pour concevoir une œuvre propre à chacune d’entre elles. Dans tous les cas, les dialogues des acteurs sont basés sur une vraie discussion à propos de sujets polarisants entre des personnalités opposées.

 

Pour Québec, nous avons droit à un entrepreneur libertarien, un conservateur traditionaliste issu de l’immigration, un autochtone centriste et une activiste de gauche. Les comédiens qui sont montés sur scène pour recréer ce moment étaient Pierre-Yves Charbonneau, Jean-Philippes Côté, Rosalie Cournoyer, Andawa Laveau, Marie-Ève Lussier-Gariépy et Christian Paul.

 

Vers la fin de la pièce, les spectateurs ont été invités à aller prendre la place des comédiens, autour de la table, et à débattre sur des sujets qui leur tiennent à cœur. Bien que je convoitais ce moment, j’ai été déçue de sa tournure. Ceux qui ont eu le courage d’aller sur scène n’ont pas amorcé de débats. Ils partageaient plutôt leurs opinions d’une société utopique sans rencontrer aucune résistance, personne ne remettait en question leurs propos. Au contraire, le public les applaudissait. Dépitée, j’ai quand même trouvé l’exercice représentatif de notre société, il exposait certainement la peur de se faire « cancel », de se faire rejeter pour avoir défendu un avis controversé.



Somme toute, la représentation a dégagé le public de sa zone de confort idéologique en le confrontant à des tabous de la société. J’aime bien l’analogie qu’en fait Simon Lambert dans Le Devoir, selon lui, l’Assemblée Québec est « […] une sorte de Souper presque parfait où le plat de résistance loge dans les différences d’opinions… qui ne manqueront pas de se révéler. »


Un texte de Sophie Boudreau


 
 
 

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