Velours Velours, ce qu’on ne s’avouera jamais
- Émile Héroux
- 3 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 févr.
Yeah ! Velours Velours vient de sortir son premier album Quand je pleure, je suis content et maintenant j’ai envie d’en parler. Plus qu’un album même, c’est une histoire racontée sur 9 chansons que je vais essayer de décortiquer.
C’est aussi une excuse pour faire la promotion du lancement de cedit album au Grand Salon de l’Université Laval le 20 mars prochain ! Présenté par Production Culturelle !

Introspections
Raphaël Pépin-Tanguay se livre sur cet album. Plus qu’il le faut, d’ailleurs. On a même l’impression d’être dans sa tête ou, encore mieux, dans son cœur.
Et même si des fois je m’écœure
Quand pour un rien j’me fais peur
Je me remets à chanter
Ça me change les idées
(Quand je pleure, je suis content)
L’album s’ouvre avec L’intro, véritable rayon de soleil entre les stores qui promet une trop belle journée. On l’entend mettre la table, en chantant le titre de son album comme un slogan : Quand je pleure, je suis content. La première pièce se termine sur un rire général entre les musiciens. L’ambiance s’annonce sereine. Elle va changer rapidement.
J’sors trop
Mais je ne sors pas avec toi
(Corde à linge)
Les contours de l’œuvre se précisent dans le second morceau, Corde à linge. Raphaël est en amour, mais est-ce que c’est réciproque ? Telle est la question qui va le hanter tout au long de l’album.
Concessions
J’ai encore dormi sur la corde à linge
Et toi, dans ton lit, tu portes mon chandail
(Corde à linge)

« Puis-je porter le tien ? » demande-t-il lors d’une envolée musicale grandiose vers les 4 min 45 s de Corde à linge. Dès cette deuxième chanson, on comprend que Raphaël aime pour deux. Le romantisme désespéré, voilà un des thèmes importants de l’album. Ça et la constante remise en question. C’est connu : qui ne se remet pas en question ne se connaît pas.
Je sais que j’appelle pas souvent
J’ai l’air de m’en foutre tout le temps
(Je sais)
Raphaël se connaît. Il sait qu’il n’est pas parfait et il veut le faire savoir à cette autre personne, parce qu’il l’aime. Mais quel est le prix à payer pour être honnête ?
Il y’a des gestes qui gravent la conscience,
Il y’a des mots qui brisent la confiance
Et tellement de choses qui n’ont pas d’importance.
Au fond, est-ce qu’on se connaît vraiment ?
(Je sais)
Un autre morceau particulièrement authentique, mis en lumière par une instrumentation magnifique. Les cordes, arrangées par Florence Labelle du Quatuor Bazar, embellissent le texte intime de Je sais. Malheureusement, la franchise de Velours Velours ne récolte pas la compassion de l’être aimé, et c’est La fin, à la moitié de l’album.
Quand est-ce qu’on sait si c’est la fin ?
Est-ce qu’on décide si c’est la fin ?
Peut-être que c’est déjà la fin
(La fin)
Contradictions
Raphaël prend conscience de ses propres paradoxes sur la pièce éponyme de l’album Quand je pleure, je suis content. Oui, la fin l’a affecté, mais il faut avancer et passer à autre chose. Dans ce grand moment de vulnérabilité, il choisit tout de même de ne pas bouger. Retourner à ses mauvais plis.
Je n’essaie pas de changer
J’arrête pas d’abandonner
J’ai l’impression de vivre à moitié
(Quand je pleure, je suis content)
On y retrouve le même constat sur la dynamique Yeah, sixième chanson de l’album. Velours Velours cherche le confort dans ses habitudes. Les soirées s’allongent et l’inertie l’appelle. Sur Rester Couché, Raphaël rumine toujours sur son divan et se rappelle tristement son ancien amour. Le pedalsteel et le violon ajoute une touche de folk à cette septième chanson mélancolique.
Je ne sais pas pourquoi quand on se fâche
On continue à croire que c’est comme ça qu’on va se comprendre
(Tête en l'air)
La tempête se déchaine dans l’avant-dernière chanson. Le fond et la forme se complète sur le même message : rien ne change, nos contradictions vont toujours exister. Puis, la désarmante Parc des Compagnons conclut l’album et enfonce le dernier clou.
Je sais que je vais moins quand t’es pas là
C’est vrai que je sors moins de chez moi
Mais où c’est chez moi ?
(Parc des Compagnons)
Raphaël retrouve la personne qui a déclenché ses sentiments. Tout se confirme en 6 min 45 s et tout le monde a envie de pleurer. L’introspection qu’il a faite lui a permis de se rendre compte de ses propres contradictions, mais aussi de celles de la personne qu’il aime. Le monde est complexe, les relations aussi.
« Au fond, est-ce qu’on se connaît ? »
Les 9 chansons qui composent Quand je pleure, je suis content m’ont intimement touché, chacune à des niveaux différents. Bien évidemment, il s’agit de ma propre interprétation de ce magnifique album. Je ne prétends pas posséder la vérité absolue.
Velours Velours réussi à décrire l’essence même des relations, autant celles qu’on entretient avec les autres qu’avec soi-même. La quête infinie entre se connaître et se comprendre.
On se souviendra donc de cet album pour son caractère extrêmement personnel, avec son lot de remises en question. Authentique et sincère, Raphaël Pépin-Tanguay montre les deux côtés de la médaille, le Ying et le Yang. Quand je pleure, je suis content n’a pas la prétention d’être parfait, comme l’artiste qui l’a créé, et c’est là toute la beauté de l’œuvre.
Texte rédigé par Émile Héroux
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